Trafic de drogue au Gabon : l’hécatombe silencieuse qui nourrit une économie de la mort entretenue ?
La question du trafic des stupéfiants devient de plus en plus préoccupante au Gabon. La DGSS multiplie les arrestations, brûle des kilos de drogue, démantèle des réseaux. Pourtant, le trafic de stupéfiants explose au Gabon. Cannabis, Tramadol, « kobolo », cocaïne : la marchandise inonde Libreville, Port-Gentil, Oyem, Franceville et les autres capitales provinciales du pays. À chaque coup de filet, le marché se reconstitue en très peu de temps.
En effet, cette résilience interroge. Le trafic semble trop organisé, trop fluide pour n’être qu’une délinquance de rue. Un réseau tombe, un autre prend la place. Les mêmes quartiers restent des plaques tournantes. Car au final, on arrête les mains, jamais les têtes.
Aujourd’hui encore, la réalité porte à croire que la drogue est un business qui prospère et donne de l’argent. Elle fait vivre. Elle enrichit. D’ailleurs, dans un pays où la jeunesse étouffe sous le chômage, le deal devient un emploi par défaut. Des ados vendent pour manger, des intermédiaires s’achètent des 4×4, des silences se monnaient plus haut.
Or, le prix semble être payé par une génération sacrifiée, avec des drogues qui ravagent les cerveaux de 15 ans. Par conséquent, décrochage scolaire, vols, agressions, crises psychiatriques : les dégâts sont massifs et les familles implosent.

Certes, le travail de la Direction Générale des Services Spéciaux (DGSS) est réel, courageux, mais il ressemble à un tonneau des Danaïdes. On coupe les branches, les racines plongent plus profond.
Alors, qui protège les circuits ? Qui sont les vrais patrons? Pourquoi les saisies records ne tarissent jamais la source ?
Tant que ces questions resteront taboues, les opérations resteront du spectacle. Ainsi, le trafic continuera d’engraisser des poches et de broyer la jeunesse gabonaise.
Enfin, il est vrai que la Vedette République promet l’éradication et la protection de la jeunesse contre ce danger, mais elle se jugera aussi sur sa capacité à stopper ce poison, pas seulement à l’agiter devant les caméras. Sinon, il faudra conclure que cette économie de la mort arrange trop d’intérêts pour s’arrêter.