Jeux de hasard : l’État met la pression, mais les zones d’ombre persistent
Le ministre de l’Intérieur, Herman Immongault, a frappé un grand coup en convoquant à Akanda, une session extraordinaire de la Commission des jeux de hasard. Objectif, sommer les opérateurs de régulariser leur situation avant le 1er octobre 2025, sous peine de sanctions. La mesure impose notamment l’intégration des opérateurs à la plateforme E-TECH et l’arrêt de toute collaboration avec des prestataires de paiement mobile non reconnus par l’État. Une volonté affichée de mettre fin au désordre qui gangrène un secteur lucratif, mais encore trop opaque.
Si cette initiative traduit une ferme volonté de contrôle, elle soulève toutefois des interrogations. D’abord sur la capacité réelle de l’administration à faire appliquer ses directives dans un délai aussi serré. Beaucoup d’opérateurs, surtout les plus petits, dénoncent un manque d’accompagnement technique et financier pour s’arrimer aux nouvelles exigences. L’ultimatum risque ainsi de fragiliser davantage un secteur où les pratiques illégales et les contournements sont monnaie courante.
Toutefois, en toile de fond, une critique demeure. La régulation des jeux de hasard au Gabon a souvent été synonyme de demi-mesures, laissant prospérer des acteurs illégaux au détriment des contribuables et des joueurs. Ainsi, cette nouvelle offensive gouvernementale suffira-t-elle à instaurer transparence et équité ? Rien n’est moins sûr, d’autant que la plateforme E-TECH, présentée comme la solution miracle, devra encore faire ses preuves dans un environnement marqué par la défiance et la lenteur administrative.