Violences basées sur le genre : une volonté politique encore en quête d’efficacité
La séance de travail tenue le 29 octobre entre le Ministère de la Femme et celui de l’Intérieur, autour de la sécurisation des femmes et des filles mineures victimes de violences, s’inscrit dans une démarche louable. Toutefois, au-delà des discours et des intentions, de nombreux observateurs estiment que les résultats concrets tardent à se faire sentir sur le terrain. Les cas de violences continuent d’être signalés, souvent sans véritable suivi judiciaire ni accompagnement psychologique adapté.

Si la rencontre conduite par le ministre Élodie Diane Fouefoue épse Sandjoh témoigne d’une volonté institutionnelle de mieux coordonner les efforts, les actions restent encore trop centrées sur les annonces plutôt que sur la mise en œuvre effective de politiques publiques. L’absence de centres d’accueil suffisants, le manque de formation du personnel judiciaire et policier, ou encore la lenteur des procédures, fragilisent la protection des victimes.
Pour que de telles réunions dépassent le cadre symbolique, il serait nécessaire que le Gouvernement associe davantage la société civile, les ONG spécialisées et les collectivités locales. Sans un engagement budgétaire réel et une volonté d’application des lois existantes, la lutte contre les violences basées sur le genre risque de demeurer une promesse institutionnelle plus qu’une réalité vécue par les femmes et les filles gabonaises.