Électrocutions à la SEEG : un cycle de morts qu’on n’arrive pas à briser
Au Gabon, des agents de la Société d’énergie et d’eau du Gabon (SEEG) meurent encore en service, électrocutés sur le terrain. Des jeunes techniciens qui montent sur un poteau et n’en redescendent pas. Le problème n’est pas nouveau. Il revient régulièrement et pose une question simple : pourquoi les règles de sécurité censées protéger ces travailleurs semblent n’être pas appliquées ?
Travailler sur le réseau électrique est dangereux, mais c’est un risque qui pourrait être maîtrisable. Coupure vérifiée, consignation des lignes, équipement de protection conforme, formation, supervision.
Quand un agent meurt en intervention, c’est qu’une de ces barrières aurait cédé. Et quand ça se répète, ce n’est plus un accident isolé. Celà semble être un problème d’organisation.
Le cas de Gamba le rappelle brutalement. Yves Ditougou Nziengui, agent de la SEEG, est mort électrocuté à Plaine 1 pendant son intervention. Pour plus d’un gabonais, c’est “le drame de trop”. Le mot est choisi, car semblent-ils revivre le même scénario : intervention en urgence, matériel vieillissant, équipes réduites, silence après l’accident.

Ce qui interroge, semble être l’absence de transparence. Pas de rapport public clair, pas d’audit indépendant, pas de communication claire sur les causes et les mesures prises. Le code du travail gabonais impose pourtant une obligation de sécurité de résultat à l’employeur. La SEEG, en tant qu’opérateur public, ne doit pas se limiter à des condoléances, mais doit sécuriser ses agents.
Alors les questions reviennent : les consignes de sécurité sont-elles contournées pour aller plus vite ? Les agents peuvent-ils refuser une intervention dangereuse sans craindre des représailles ? Quand a eu lieu le dernier contrôle indépendant des conditions de travail dans les agences de Libreville et de l’intérieur du pays ?
Tant que ces réponses ne sont pas données, la méfiance grandit. Les familles enterrent leurs morts et les usagers se demandent si le prochain agent sur le poteau sera le prochain nom dans la liste.
La mort de l’agent Yves à Gamba doit servir de signal d’alarme. Sans enquête publique et sans correctifs visibles, le cycle risque de se répéter. Et la question restera: qu’est-ce qui cloche à la SEEG ?