Taxi Gab+ : la volonté présidentielle de nationaliser le transport et d’autonomiser la jeunesse
Au Gabon, le transport urbain change progressivement de visage après plusieurs décennies de ralentissement dû à un parc vieillissant, le manque de véhicules modernes et l’impossibilité pour les chauffeurs nationaux d’accéder à la propriété. Aujourd’hui, sous l’impulsion du Président Oligui Nguema, le secteur connaît une refondation avec le programme « Taxi Gab + » qui impose une nouvelle dynamique.
Par la mise en place du programme Taxi Gab+, les autorités gabonaises présentent une ambition claire : rendre aux Gabonais la maîtrise du transport urbain, l’objectif étant de rompre avec la dépendance et de transférer le volant aux nationaux.
Il faut rappeler qu’au Gabon, trop de chauffeurs ont toujours travaillé sans perspective de propriété. En permettant l’acquisition progressive du véhicule, le Chef de l’État fait du taxi un outil de souveraineté économique, et affirme clairement sa volonté de faire contrôler et exploiter le secteur du transport par les Gabonais, pour les Gabonais.

Dans la même liée, le programme Taxi Gab + apparaît aussi comme une réponse au chômage, au regard du modèle retenu qui transforme le chauffeur en futur propriétaire. Au-delà de la propriété à un simple taxi, c’est la création d’une entreprise individuelle par laquelle chaque bénéficiaire devient un acteur économique autonome, capable de subvenir aux besoins de sa famille et de réinvestir localement.
Débuté à Libreville, ce programme s’exporte progressivement vers l’intérieur du pays. En effet, après 417 taxis en phase 1 et 399 en phase 2, la troisième vague porte sur 200 véhicules dont 100 pour le Grand Libreville, 50 pour Franceville, 26 pour Port-Gentil et 24 pour Oyem. Cette répartition confirme la volonté d’étendre la nationalisation du transport à l’ensemble du pays, au-delà de la capitale.
Cependant, au-delà de tout le bien que disent les populations de ce programme, quelques défis restent quand-même à corriger pour un service exemplaire. Dans le Grand Libreville, plusieurs usagers dénoncent encore le refus de certains chauffeurs de prendre des clients jugés « moins offrants » pour des courtes distances. Ces pratiques rappellent que la modernisation du parc automobile doit s’accompagner d’une charte de bonne conduite stricte pour garantir un transport réellement au service de tous.
Aujourd’hui, pour les usagers, Taxi Gab+ signifie service moderne et fiable. Pour les chauffeurs, c’est l’accès à la dignité par le travail et la propriété. Le cap étant clairement fixé pour faire du transport urbain un pilier de la préférence nationale et un tremplin pour la jeunesse, Taxi Gab+ incarne donc la volonté présidentielle de reprendre un secteur clé et d’autonomiser des milliers de jeunes.