[Santé ] Léconi : les évacuations sanitaires vers Franceville désormais conditionnées au paiement de 15 000 FCFA
À Léconi, dans le département des Plateaux, une mesure de l’Hôpital départemental prise le 18 août 2026 suscite l’inquiétude des populations. Désormais, les familles dont un proche doit être évacué vers le CHU Amissa Bongo de Franceville sont invitées à verser une contribution de 15 000 FCFA destinée à couvrir le carburant et le déplacement du chauffeur. Une mesure que la direction de l’établissement justifie par les contraintes budgétaires auxquelles serait confrontée la comptabilité publique, mais qui interroge dans une zone où l’accès aux soins reste déjà marqué par les difficultés financières de nombreux ménages.
Dans cette note, la direction de l’Hôpital départemental de Léconi précise que les évacuations sanitaires vers le CHU Amissa Bongo sont désormais conditionnées au paiement préalable de cette contribution. Les parents des patients concernés doivent donc s’acquitter des 15 000 FCFA avant tout déplacement.

Une décision qui ne manque pas de susciter des réactions au sein des populations. Pour de nombreuses familles, confrontées à des revenus limités, devoir mobiliser une telle somme dans le cadre d’une urgence médicale représente une charge supplémentaire, particulièrement lorsque les frais liés aux soins s’accumulent.
L’incompréhension de cette décision est également nourrie par le profit que génère l’hôpital grâce à ses différentes prestations dont les consultations, les hospitalisations et les accouchements sans prise en charge de la CNAMGS, entre autres services. Les populations s’interrogent donc sur les mécanismes de financement et de fonctionnement de l’hôpital, mais aussi sur la destination des recettes issues de ses activités.
Cependant, au-delà du cas de Léconi, cette situation pose une question plus large sur le financement public des structures sanitaires au Gabon. Alors que l’État demeure attendu dans l’accompagnement des établissements de santé, la multiplication des charges directement supportées par les usagers donne le sentiment, chez les populations, que ce financement public devient de moins en moins effectif. Une situation qui pourrait, à terme, accentuer les inégalités d’accès aux soins, notamment pour les ménages les plus vulnérables.